Beni, Nord-Kivu – Face à la persistance des violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’Est de la République démocratique du Congo, le député national Carly Nzanzu Kasivita estime que le problème dépasse les responsabilités individuelles et révèle plutôt les faiblesses structurelles de l’État congolais.
Intervenant lors d’un Space organisé sur le réseau social X par le journaliste Stanis Bujakera, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu a été interrogé sur les responsabilités de l’enlisement de la guerre contre les ADF. À la question de savoir si cet échec relève du commandement militaire, du pouvoir politique ou des deux, Carly Nzanzu a refusé de désigner des individus en particulier.
Selon lui, la situation actuelle traduit avant tout l’incapacité de l’État congolais à mettre en place un système de défense efficace, capable de prévenir et de dissuader les attaques des groupes armés opérant dans l’Est du pays.
Une insécurité toujours préoccupante
Le député a reconnu une recrudescence des violences au cours des deux derniers mois, notamment dans les territoires de Beni et de Mambasa, où plusieurs attaques meurtrières ont été signalées. Il rappelle que depuis l’apparition des ADF dans la région, le conflit a causé des milliers de morts et provoqué d’importants déplacements de populations.
Pour Carly Nzanzu, les inquiétudes exprimées par les habitants de Beni sont légitimes. Malgré les nombreuses opérations militaires menées ces dernières années, une partie de la population continue de s’interroger sur la capacité des autorités à assurer sa sécurité et à mettre fin aux massacres récurrents.
Un débat relancé sur la stratégie sécuritaire
Cette prise de position intervient alors que les questions sur l’efficacité des stratégies militaires dans l’Est de la RDC reviennent régulièrement dans le débat public. Depuis plusieurs années, les Forces armées de la RDC, parfois appuyées par des partenaires régionaux, multiplient les opérations contre les groupes armés sans parvenir à éradiquer complètement la menace.
Pour plusieurs observateurs, la lutte contre les ADF nécessite non seulement une réponse militaire, mais aussi un renforcement des institutions de l’État, de la gouvernance locale et des mécanismes d’alerte précoce afin de mieux protéger les populations civiles.
Un appel à une réflexion de fond
En mettant l’accent sur l’échec structurel plutôt que sur les responsabilités individuelles, Carly Nzanzu Kasivita invite à une réflexion plus large sur la réforme du secteur de la sécurité en RDC et sur les moyens de construire un système de défense capable d’anticiper les menaces et de garantir durablement la protection des citoyens.
Rédaction Congomag.online.




