Kinshasa – La République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans sa politique de valorisation locale des ressources minières. Le gouvernement a officiellement interdit l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt afin d’encourager leur transformation sur le territoire national et de maximiser les revenus tirés du secteur minier.
La décision est contenue dans un arrêté signé le 29 juin par le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba. Le texte stipule clairement que « l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt est interdite ».
Miser sur la transformation locale
Premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur de la production de cuivre, la RDC cherche à conserver une plus grande part de la valeur générée par ses ressources naturelles. Les autorités estiment que la transformation locale des minerais permettra de développer davantage l’industrie nationale, de créer des emplois et d’accroître les recettes publiques.
Selon l’arrêté, cette mesure vise à « encourager les opérateurs miniers à commercialiser ou exporter des produits minéraux à forte valeur ajoutée ».
Des dérogations possibles
Bien que l’interdiction soit entrée en vigueur immédiatement, le gouvernement prévoit la possibilité d’accorder des dérogations d’une durée maximale d’un an dans des circonstances jugées stratégiques. Les critères d’octroi de ces exemptions n’ont cependant pas encore été détaillés.
L’arrêté instaure également un nouveau régime fiscal applicable aux sous-produits miniers à importance économique, avec une période transitoire de trois mois pour permettre aux opérateurs de s’adapter aux nouvelles dispositions.
Un impact limité pour certains opérateurs
D’après plusieurs analystes, l’impact de la mesure pourrait être relativement limité pour une grande partie du secteur minier, la majorité du cuivre produit en RDC étant déjà raffinée localement avant exportation.
Les données officielles montrent qu’au premier trimestre 2026, la RDC a exporté plus de 696 000 tonnes de cathodes de cuivre, contre environ 53 900 tonnes de concentrés de cuivre.
Certaines entreprises pourraient néanmoins être davantage affectées, notamment les exploitations bénéficiant jusqu’ici de dérogations pour exporter une partie de leurs concentrés vers l’étranger.
Les marchés réagissent
L’annonce de cette interdiction a immédiatement eu un impact sur les marchés internationaux. Après les révélations de Reuters, le prix du cuivre sur le London Metal Exchange a progressé jusqu’à 1,8 %, atteignant son plus haut niveau depuis plusieurs mois.
Cette décision confirme la volonté de Kinshasa de renforcer la souveraineté économique du pays sur ses minerais stratégiques, à l’heure où la demande mondiale en cuivre et en cobalt demeure soutenue par la transition énergétique et le développement des technologies vertes.






